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Financement du terrorisme au Burkina : Le CEDAM identifie trois sources, selon Dr Daniel Kéré

Financement du terrorisme au Burkina : Le CEDAM identifie trois sources, selon Dr Daniel Kéré

Maxime Kabore

juin 22nd, 2020

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En proie depuis 2016 à des attaques terroristes répétées, le Burkina Faso tente tant bien que mal de déployer différentes stratégies pour faire face à cette situation dont il n’était pas habitué. Dans ce combat contre cette crise sécuritaire, participent des chercheurs qui grâce à leurs travaux de recherches permettent de mieux appréhender cette crise. A cet effet, Burkina24 a reçu le Dr Daniel Kéré, Enseignant chercheur à l’Université Ouaga 2 et directeur exécutif du Cercle d’Etude Afrique Monde (CEDAM). Dans cet entretien, Dr Kéré analyse les contours de la crise sécuritaire au Burkina.

Burkina 24 : Le Burkina Faso est la cible depuis 2016 de mouvements terroristes. Est-ce qu’on en sait davantage sur les groupuscules qui sévissent au Burkina ?

Dr Daniel Kéré : Le point le plus culminant de la dynamique terroriste, notamment les attaques ouvertes, a commencé à s’accentuer à partir de 2016. Mais bien avant sous la période de transition, on a connu quelques attaques dans le Nord.

Mais avant l’année 2015, il y avait des prémisses qui laissaient croire que ce qui se passait au Mali pouvait un jour arriver au Burkina Faso. Maintenant par rapport à la situation que nous vivons depuis un peu plus de quatre ans maintenant, il faut préciser qu’il y a fondamentalement plusieurs structures qui s’investissent dans cette mission et au niveau du CEDAM par exemple, nos travaux ont fait ressortir qu’il y a plusieurs composantes.

Je parle des travaux que le professeur Doamba Jean-Marc a produits, les travaux que Mahamoudou Sawadogo a produits et ce que moi aussi j’ai produits. Et l’ensemble de ces travaux font ressortir qu’il y a principalement deux grands groupes qui se partagent un peu la problématique du terrorisme au Burkina Faso. Il y a d’abord le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) qui opère principalement dans le Nord.

Ce groupe effectivement a pu fédérer autour de lui certains petits groupuscules comme Ansaroul islam et s’investissent dans la dynamique terroriste. Et le mode opératoire de ces groupes consiste essentiellement en des attaques contre des positions de l’armée burkinabè, contre les symboles de l’Etat.

Vers l’Est, on a le groupe Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS) qui essaie d’occuper le terrain. Autour de tous ces groupes, d’autres ont pu se fédérer et leur méthode consiste à s’attaquer aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS), aux symboles de l’Etat. Mais la particularité par rapport aux groupes qui opèrent au Nord, c’est beaucoup plus la plus grande violence de leur action qui vise à semer le chaos, et au besoin à renforcer leur base.

Voilà un peu les deux principaux groupes qui se partagent le champ de la situation sécuritaire des attaques terroristes au Burkina Faso.

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